Décembre, les lueurs carillonnantes, les festivités au pas de course, je ne retrouve plus la magie des années précédentes. La joie secrète des choses qui se créent, l’enflement du cœur à la folie enrubannée, aux nuits froides chorales, aux errances dans des confiances affinées et raffinées. Copenhague, Strasbourg, Chicago, Pennsylvanie, Paris, les décembres de cinéma et de gradients ascendants – à écrire.
Terne. Voici ce qui me colle à la peau ces jours-ci, mauvaise crème de jour et de nuit.
Il faut pourtant aller chercher encore en soi ce qui manque dans l’air alentours. Si ce que je touche n’est pas d’or, si ce que j’entends ne brille pas,
je ne suis pas comme l’autre qui avait fait de l’apitoiement sa philosophie
et qui dans sa saumâtre contagion a moisi les mèches des bougies
Assez –
aux couleurs rendre leurs chatoiements. Aux mots leurs ellipses.
à la Seine ses passerelles, au sable la pâleur effacée du ciel.
Assez de se nourrir de doutes au sucre et au miel,
Assez de la passivité fébrile.
D’avoir mis à la porte toute forme d’âme dont j’ai usé les gonds jusqu’à la lassitude. Assez de cette incomplétude et des errements redondants. Et l’attente vaine des validations, dans des miroirs sans tain aux chimies corrosives.
Il faut écrire.
Sans écouter les échos consuméristes et les bruits des autres pans de la vie.
Ne pas laisser s’attabler les hésitations
Découper et fouiller, les doigts poisseux de sang, il doit bien y avoir encore dans les entrailles deutérium et tritium. Fusion : de quoi enflammer les mèches et illuminer décembre une troisième année de suite.
Son : Alexandre Desplat, Jo Writes, in Little Women (Original Motion Picture Soundtrack), 2019
