Quand ça se met à exploser de partout, c’est presque un soulagement. Voici le second volet de la série de Noël.
Son : Vladimir Martynov, Tatiana Grindenko, come in! II. Movement, 2015
Ce même lundi matin, mon éditeur : « Il est arrivé de chez l’imprimeur, il est tout chaud, un très bel objet. Je te le dépose à l’institut, si tu veux. »
Je suis à une conférence à l’autre bout de Paris, mais je rentre à mon labo. Un quart d’heure, je me permets cette émotion, dans mon bureau de bois, avec ses yeux bleus et le livre que je feuillette machinalement.
Il me parle de Quattrocento de Greenblatt, et cette conversation taquine sur les futurs :
« Pour ça, il faudrait aussi une expertise d’écriture littéraire. Tu as vu, tu t’es bien moqué des adverbes que je voulais mettre dans tes textes, donc… » et moi :
« Mais je peux travailler avec quelqu’un d’autre, un éditeur littérature, non ?
— Ah ok, tu veux me dégager, le cadavre est encore fumant que ça y est, déjà… »
Je le raccompagne à la porte d’entrée, et il disparaît dans la brume.
Je cache le livre dans mon sac, je garde tout ça enfermé dans une boîte à double tour, je n’en parle à personne, pas même chez moi. Jour de fête ou de bataille ? Désolant ou amusant ?
