Rouge mon sang tourne à l’envers

Les Misérables au Châtelet pour terminer l’année. Ma comédie-musicale madeleine, écoutée deux milliards de fois sur les autoroutes dans notre petite Golf sans clim depuis mes 7 ans (dans sa version originale de 1980). Amusant et un peu irritant cette remise au goût du jour pour wok-ifier l’ensemble. Je ne comprends pas qu’on ait pu mutiler :

Rouge, Le peuple est en colère
Noir, L’espérance de la terre
Rouge mon sang tourne à l’envers
Noir mon cœur est en misère
Sans elle, loin d’elle, malade d’elle

par

Rouge – la flamme de la colère!
Noire – la nuit de l’ignorance,
Rouge – un monde en train de naître,
Noire – la mort de l’espérance.

Toute la notion entremêlée de se battre pour le peuple et du mal d’amour est perdue !

Dans les scènes de barricades grandiloquentes, je repense à cette histoire de révolutions. Comme c’est français tout cela : il faut que tout soit fait avec des idéaux, des larmes, de la passion, du bruit, du sang, et des lumières.

Bon, je pleure pendant trois heures, et c’est splendide. À l’entracte, la Tour Saint Jacques depuis les toits du théâtre, avec un macaron au chocolat et un rooïbos pour se réchauffer les mains. Pendant trois heures j’ai arrêté mon cerveau – mais pas assez vu que je me suis fait cette réflexion… – pour me consacrer à recevoir et vivre.

Son : Les Misérables, version originale de 1980, Rouge et noir, comédie musicale adaptée du roman éponyme de Victor Hugo par Claude-Michel Schönberg (musique) et Alain Boublil et Jean-Marc Natel (paroles originales en français).

Les Misérables au Théâtre du Châtelet, déc. 2024